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Jacques Bernardin : Quel rapport à l’école des élèves de milieux populaires ?

Faut-il renoncer à la démocratisation de l’Ecole ? Certains pensent que tout a déjà été tenté. Ou que les dons seuls expliquent la réussite ou l’échec scolaire. Ce n’est pas l’avis de Jacques Bernardin. Maître formateur, chargé d’enseignement en IUFM, il préside le GFEN, un des principaux mouvements pédagogiques français. Dans un petit ouvrage il faut le point sur le rapport à l’école des élèves de milieux populaires.

Quels sens donnent-il à l’école ? Qu’est ce qu’apprendre pour eux ? Quel est leur rapport au savoir ? Jacques Bernardin s’appuie sur les recherches les plus récentes pour explorer ces nouveaux espaces. Avec l’idée que la démocratisation scolaire est possible. Son livre est autant un ouvrage théorique, qui présente les acquis des sciences de l’éducation, qu’une contribution tournée vers l’action.

Qu’est ce qui explique que l’échec scolaire soit plus important dans les milieux défavorisés et cela dès le plus jeune âge ?

A travers leurs expériences précoces et les interactions avec leurs proches, les enfants construisent un rapport à l’école et au savoir singulier. Celui-ci est souvent en écho avec l’expérience parentale en matière de scolarité et marqué par l’importance accordée à l’école, notamment pour l’accès à l’emploi. C’est avec cette grille de lecture que les enfants, devenus élèves, appréhendent l’univers scolaire.

Certains enfants retrouvent dès l’école maternelle un prolongement de ce qu’ils ont vécu et exercé depuis leur plus jeune âge dans leur espace socio-familial : une similitude de l’univers culturel de référence, l’habitude et l’encouragement à explorer l’environnement, une relation sereine aux adultes, l’immersion dans l’écrit et ses divers usages, une fréquentation précoce des livres, une pratique variée du langage, etc. Mais ce n’est pas le cas pour tous.

Faute de connivence avec les activités et les attendus de l’univers scolaire, les élèves de milieux défavorisés sont déstabilisés par les demandes qui leur sont adressées ou les interprètent de façon inappropriée, ce qui génère des difficultés d’apprentissage. Se cumulant, celles-ci alimentent le sentiment d’incapacité personnelle qui conduit au décrochage démonstratif ou silencieux, au rejet de ce qui les rejette et les humilie...

Propos recueillis par François Jarraud

Voir l’interview dans son intégralité sur le site du café pédagogique

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