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2016, année Dada

Depuis 1966, aucune grande exposition n’avait été consacrée en France à Dada, l’un des mouvements les plus marquants de l’avant-garde historique.

L’année 2016 va connaître en Europe, particulièrement en Allemagne, événements et expositions dada un peu partout. L’occasion d’accéder à des propositions et des ressources d’une richesse incroyable pour nos classes de première notamment.

A l’encontre de l’interprétation qui le caractérise comme un courant de destruction et de négation des anciennes valeurs, réduit au seul rôle de précurseur du Surréalisme, toutes ces présentations s’attacheront à montrer un Dada constructeur. Peintures, sculptures, photographies, collages et photomontages, documents graphiques, enregistrements sonores et cinéma, couvrant toute la période Dada de 1916 à 1924, en provenance de collections publiques et privées, montreront la radicalité de ce mouvement pluridisciplinaire.

Dada data est un site original. Ce projet signé Hanita Hugi et David Dufresne propose des exercices dadaïstes en rafale interactifs appelés « Hacktion Dada et un anti musée web, le Dada Dépôt Une production ARTE pour fêter les cent ans de ce mouvement né de la guerre et d’une guerre qui bouleversa tous les codes créatifs et intellectuels et dont nous sommes encore les modestes héritiers. Né en Suisse durant la Première Guerre mondiale autour d’un groupe d’artistes, d’écrivains, de musiciens cosmopolites réfractaires à la guerre et au système culturel et social qui y aboutit, le mouvement Dada proclame un mépris rageur pour les valeurs en place, y compris celle de l’art. Après avoir fait table rase de toutes les croyances, l’artiste dada découvre le principe de la liberté absolue en art. L’esprit Dada, inextricablement lié au contexte historique où il apparaît, à la montée du nihilisme annoncée par Nietzsche, est une « force réactive », un concentré d’énergies en action où toutes les grandes questions, même sous la forme de la bouffonnerie et de la provocation, entrent en jeu. Au-delà de la révolte et de la protestation, Dada repense à neuf la peinture, la poésie, la photographie, le cinéma. Il est à l’origine de l’art moderne et contemporain qui inscrit le non-art dans l’art, invitant à revoir les catégories esthétiques et le sens du beau.

http://www.dada-data.net/fr/hub

Le catalogue de l’exposition de 2005 organisée au centre Georges Pompidou est toujours accessible et les ressources de l’exposition aussi. En proposant un tour d’horizon des multiples expressions Dada telles qu’on les trouvait à Zürich, Berlin, Hanovre, Cologne, Paris et New York, ainsi qu’aux Pays-Bas, en Belgique, en Italie et au Japon, l’exposition met en scène de nombreuses figures du modernisme : Jean Arp, Sophie Taeuber-Arp, Hannah Höch, Raoul Hausmann, George Grosz, Johannes Baader, Hugo Ball, André Breton, Jean Crotti, Paul Éluard, Marcel Janco, Tristan Tzara, Hans Richter… C’est le foisonnement créatif de cette époque qui est souligné, en donnant une part aussi grande à l’écrit - livres, revues - qu’aux œuvres plastiques. Une place importante est réservée au cinéma avec la projection de films tels que Diagonal Symphony, 1921, de Viking Eggelins et Rhythmus 21 et 23 de Hans Richter. On trouve encore en ligne le dossier pédagogique conçu en 2005 lors de la grande exposition parisienne consacrée à Dada.

Ce dossier, conçu à l’attention des enseignants, propose d’éclairer les moments forts de l’invention plastique :

- Profanation, provocation, anti-peinture, avec Duchamp, Picabia, Man Ray,
- Hasard et abstraction, avec Jean Arp et Sophie Taeuber-Arp,
- Le photomontage berlinois, avec Raoul Hausmann et Hannah Höch,
- Le collage selon Max Ernst, un art de distance et d’ironie,
- Merz ou le principe d’assemblage d’objets et de matériaux, avec Kurt Schwitters.

https://www.centrepompidou.fr/cpv/resource/cbLzR9/reGzLx

Le projet de Tzara du Dada globe va voir le jour en 2016, grâce aux efforts d’un collectif d’universitaires américains et allemands. On y retrouvera toutes les œuvres commandées par Tristan Tzara pour rendre compte d’un mouvement international riche et polymorphe, une sorte d’anthologie (ou d’antilogie) du geste dada et d’œuvres dada, enfin réalisée grâce au travail de l’historienne de l’art américaine Adrian Sudhalter.

La souscription est déjà en ligne sur le site de la FNAC :

« Dadaglobe », livre dadaïste, projet mystérieux jamais réalisé, au sujet duquel ont circulé les récits les plus divers, va être reconstitué au Kunsthaus Zürich. Il s’agit là d’une première et une occasion unique en Europe. En effet, si l’anthologie « Dadaglobe » était bel et bien parue en 1921, il ne fait aucun doute qu’elle aurait compté parmi les publications les plus ambitieuses du mouvement Dada. À travers 100 contributions artistiques créées spécialement dans la perspective de cette publication, et provenant de sept pays, Tristan Tzara (1896-1963), co-fondateur de Dada et initiateur du projet, voulait célébrer l’apothéose de ce mouvement d’envergure internationale dans ses dimensions à la fois littéraire et artistique, et en laisser un témoignage à l’attention des générations futures. « Dadaglobe » aurait dû être un chant à la louange des œuvres d’art Dada reproduites. Mais suite à des difficultés d’ordre financier et des problèmes d’organisation, le livre n’est jamais paru. Cette somme qui aurait dû devenir un opus magnum a laissé un vide béant au cœur de la réception du dadaïsme et de la production artistique de l’avant-garde en général. Cent ans après la naissance du mouvement Dada, une exposition et une publication très riche viennent combler cette lacune majeure. L’exposition « Dadaglobe Reconstructed » braque les projecteurs sur ce mouvement artistique inclassable, célèbre pour sa frénésie, et en propose une analyse. Elle écrit un chapitre essentiel, jusqu’à présent manquant, de l’histoire de la modernité, et montre l’empreinte conceptuelle laissée par l’héritage dadaïste de Tzara dans le discours artistique.

http://www.kunsthaus.ch/en/information/press/press-images/dadaglobe

Un documentaire sera bientôt édité par Arte sur dada. ARTE Creative présente en effet depuis ce dimanche 14 février 2016 Viva Dada, le documentaire qui parcourt l’histoire du dadaïsme et célèbre son centenaire. "Dada est mort, vive dada"

http://www.arte.tv/guide/fr/058936-000-A/viva-dada

À l’occasion du centenaire de sa naissance, Régine Abadia voyage dans l’histoire d’un mouvement qui, en sept ans d’existence, a révolutionné l’art du XXe siècle, infusant le surréalisme, le situationnisme ou encore la Beat Generation et le punk. Grâce à un travail d’animation inspiré, ce film-collage donne à voir et à entendre les œuvres des dadaïstes (poèmes phonétiques, dessins, photographies...).

Expositions à Zurich : En 1916, l’Europe est à feu et à sang. C’est le moment que choisissent des artistes pour fonder un mouvement qui allait jeter les bases de l’art moderne : Dada. Mélange entre la poésie sonore, les comédies bouffonnes et les performances déjantées, le “big-band culturel” est né à Zurich. Pour son centenaire, la ville lui rend hommage en organisant une série d’expositions.
http://info.arte.tv/fr/les-100-ans-de-dada#sthash.pvEcvBUN.dpuf

Des sites entièrement dédiés à Dada :

http://www.le-dadaisme.com
http://www.dadaisme.org
Zachary Siler, en bon Suisse dada, a compilé quelques trente films dada, accessibles sur Youtube et dont voici la playlist :
https://www.youtube.com/playlist?list=PL2B83EDF2732759E5

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