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Eloge de la réflexivité partagée

Article écrit par Stéphanie Vienco, professeur Lettres-Histoire au LPO L. Senghor (Magnanville, 78).

L’enseignement exige d’importantes capacités de réflexion, activité passionnante, mais aussi dévoreuse de temps et d’énergie. Parfois, la mener seul se révèle être un parcours du combattant semé d’embûches ! Une des solutions consiste sans doute à partager ses questionnements, à interroger ensemble les différentes pratiques didactiques et pédagogiques. Lorsque des rencontres de ce type sont organisées, il ne faut pas les rater !

Le samedi 16 novembre, l’Association Française des Enseignants de Français (AFEF) proposait une journée d’échanges autour de la question : « Quelle(s) formation(s) pour enseigner le français à tous les élèves ? ».

Après nous être réchauffés de café et sourires, nous avons assisté à une conférence de Dominique Bucheton intitulée « Didactique de l’écriture, quelle culture professionnelle pour les enseignants de français ? ».
Professeure des universités, ancienne directrice du Laboratoire Interdisciplinaire de Recherche en Didactique, Education et Formation, elle dresse un bilan objectif de la situation de l’enseignement aujourd’hui. La crise est politique, institutionnelle, universitaire et disciplinaire. De plus, nous connaissons des mutations sociétales majeures que nous devons accompagner. Si difficultés il y a, pas question de se lamenter. Des raisons d’être optimistes existent. En effet, certaines pratiques donnent des résultats prometteurs.
Les enjeux de l’écriture sont fondamentaux. Dominique Bucheton a exposé « quelques principes pour repenser les gestes didactiques et professionnels » dans ce vaste domaine : la variation (dispositifs, postures, tâches, visées) et le mélange (oral, écrit, lecture, images, culture) sans dispersion ; les écrits intermédiaires qui nécessitent du temps ; la formalisation des savoirs ; le bidouillage et les ajustements ; le travail spécifique et situé sur la langue.

La matinée s’est poursuivie par des réflexions relatives à la refondation de l’enseignement. Dominique Bucheton a proposé des orientations et Sylvie Plane, professeure des universités qui enseigne à l’Ecole supérieure du professorat et de l’éducation, a présenté l’organisation et les missions du Conseil supérieur des programmes, auquel elle vient d’être nommée.

L’après-midi était consacré à divers ateliers : « Faire écrire, du cahier d’écrivain à l’atelier d’écriture » ; « Observer et réfléchir ses pratiques », puis « (Re)lire les écrits des élèves dans toutes les disciplines » et « Travailler avec : collègues, parents, partenaires ». Nous avions la possibilité de participer à deux d’entre eux.

J’ai d’abord choisi « Observer et réfléchir ses pratiques ». Il s’agissait d’analyser, en groupe, des situations d’enseignement préalablement visionnées, du point de vue des postures des enseignants et de leurs effets sur celles des élèves. Cette activité, qui permet de questionner ses propres pratiques en passant par celles d’autrui, m’a particulièrement intéressée.
Deux collègues ont ensuite présenté une séquence menée en 3ème, au titre alléchant : « L’écriture des sens ou comment donner du sens à l’écriture ». Co-animation, création d’une atmosphère particulière, notamment par la disposition de la classe, travail de groupe, élèves acteurs et nouvelles technologies, autant d’atouts de réussite.

Le deuxième atelier, qui visait à observer les écrits des élèves dans diverses disciplines (français, histoire et SVT), a mis en avant la difficulté que nous avons, en tant qu’enseignants, à nous détacher des consignes. La question « Quel regard professionnel sur l’écriture l’enseignant de français peut-il apporter à l’observation des écrits d’élèves ? » a été en partie détournée, puisque nous avons également commenté les écrits des enseignants. Déformation professionnelle !

Habitant loin, je n’ai pu participer à la conclusion de cette journée : « Vers un nouveau manifeste ? » A ce sujet, je vous invite à réfléchir (décidément, c’est une obsession !) sur les différentes propositions de l’AFEF. Vous pouvez également vous rendre sur le site de l’association (clic) qui fournit les comptes rendus de cette formation. Je m’empresse d’ailleurs d’aller consulter ceux relatifs aux ateliers auxquels je n’ai pas assisté !

Pour aller plus loin, cet article de Dominique Bucheton intitulé : Les gestes professionnels et le jeu des postures de l’enseignant dans la classe : un multi-agenda de préoccupations enchâssées

Lien : Compte rendu de l’AFEF

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